Pas Pleurer

Adaptation par Lou Grézillier du roman de Lydie Salvayre

MISE EN SCENE :  Lou Grézillier

MUSIQUE : Baron Rétif

LUMIERES : Frédéric Houessinon

AVEC : Philippe Burel,  Aude de Saint Léger, Alicia Fleury, Erwan Orain, Alexandra Popov

 

En 2011, mon frère s’est suicidé. A vingt ans. Quatre ans plus tard, les mots de Montse, endeuillée à jamais par la disparition de son frère, m’ont bouleversée. J’y ai trouvé l’expression des angoisses d’une jeunesse en quête d’idéal et dégoûtée de la réalité qui l’entoure ; un état des lieux qui valait aussi bien dans les années 30 qu’en 2011. Je me suis alors intéressée de plus près à la question de l’engagement et n’ai cessé de lire Pas pleurer. Aujourd’hui l’engagement politique m’inspire à la fois admiration et méfiance. J’admire qui ne reste pas passif face à la barbarie mais me méfie des étendards idéologiques qui réduisent les personnes à leurs seules opinions. La plupart des personnages de Lydie Salvayre, prisonniers de leurs idéologies, sont dans un éternel conflit, y compris avec eux-mêmes. Seule Montse, le personnage principal, découvre peu à peu qu’elle aime au-delà des convictions qui l’ont fascinée. 
A l’heure où des images de migrants passent en boucle sur nos écrans, on découvre dans les pages de Lydie Salvayre un personnage d’immigrée qui (comme nos contemporains réfugiés) ne se réduit pas au passage d’une frontière. Elle a une histoire, elle fait des choix, compose avec la détresse intense et le bonheur simple, elle a des goûts et des dégoûts, bref, elle a en elle tout ce qui donne à un individu sa richesse. Et puisque sa vie est foisonnante, on s’attache à tous ceux qui l’entourent : son frère, sa belle-famille et l’amour de sa vie ; autant de futurs immigrés ou victimes de la dictature de Franco.
Pas pleurer est donc un hymne aux Hommes dans leur complexité, dans leur diversité. Il m’est apparu que les moyens propres au théâtre pouvaient permettre de prolonger la parole de Lydie Salvayre, lui donner un écho, en allant au-devant des publics du spectacle vivant.

 

                                                                          Lou Grézillier